(A.P.Hawzah) L’Émir des croyants, Ali ibn Abi Talib (que la paix soit sur lui), évoque dans le Nahj al-Balaghah, le rang du contentement :
طُوبَی لِمَنْ ... قَنِعَ بِالْکَفَافِ. 1
Heureux est celui qui se contente de ce qu'il a.
Commentaire :
L’une des raisons qui poussent faire les hommes à s’attacher avec avidité aux choses de ce monde et à nourrir convoitise et désir d’accumulation est qu’ils recherchent l’indépendance matérielle et l’aisance. Pourtant, la véritable richesse intérieure est incompatible avec l’avidité, la convoitise et l’accumulation des biens. Pour devenir le vrai riche, il faut emprunter une autre voie ; une voie que Dieu Très-Haut a indiquée au Prophète Dâwûd (que la paix soit sur lui) dans un hadith qudsî :
یَا دَاوُدُ! ... وَضَعْتُ اَلْغِنَی فِی اَلْقَنَاعَةِ وَ هُمْ یَطْلُبُونَهُ فِی کَثْرَةِ اَلْمَالِ فَلاَ یَجِدُونَهُ. 2
Ô Dâwûd ! J’ai placé la richesse et l’indépendance dans le contentement, mais les hommes recherchent la richesse dans l’abondance des biens ; mais ils ne la trouveront pas jamais.
Un autre point essentiel concernant le contentement c'est que les biens et attaches mondaines que l’homme poursuit dans l’espoir d’atteindre la richesse et l’indépendance sont tous voués à disparaître. Quant à la richesse que constitue le contentement, elle, ne connaît pas de fin. L’Émir des croyants (que la paix soit sur lui) fait ainsi allusion à cette vérité :
القَناعَةُ مالٌ لا یَنفَدُ. 3
Le contentement est une richesse inépuisable.
Ainsi, nous devons cultiver dans nos cœurs le contentement — cette richesse impérissable — car l’homme doué de raison ne se met jamais en quête de choses éphémères.
Mais ce qui rend plus beau encore le thème du contentement et de l’acceptation des dons divins, c’est une lumineuse tradition rapportée de l’Imam al-Réza (que la paix soit sur lui).
Dans la vie de chacun de nous, il existe, d’une manière ou d’une autre, une forme de manque. D’autre part, nos actes sont eux aussi peu nombreux et remplis d’errors, au point que nous sommes tous en dette devant Dieu Très-Haut ; car Il n’est pas adoré comme il convient à Sa sainte Essence.
Question :
Comment convient-il de compenser cette insuffisance de nos œuvres devant Dieu Très-Haut ?
L’Imam al-Réza (que la paix soit sur lui) nous en donne la voie; une voie qui peut être le fruit même de l’atteinte au rang du contentement. Il (que la paix soit sur lui) dit :
مَنْ رَضِیَ مِنَ اَللَّهِ عَزَّ وَ جَلَّ بِالْقَلِیلِ مِنَ اَلرِّزْقِ رَضِیَ اَللَّهُ مِنْهُ بِالْقَلِیلِ مِنَ اَلْعَمَلِ. 4
Celui qui se satisfait de la faible part de subsistance que Dieu, Puissant et Majestueux, lui accorde, Dieu Se satisfera de la faible quantité de ses œuvres.
Notes :
۱. Nahj al-Balaghah, Sagesse 44.
۲. Kulliyat al-Hadith al-Qudsi, vol. 1, p. 179.
۳. Ghurar al-Hikam, vol. 1, p. 128.
۴. Kashf al-Ghummah, vol. 2, p. 310.




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